
CG 92 / O. Ravoire
Le conseil général a organisé une consultation sur l’aménagement du parc neuilléen. Les résultats de l’enquête et les premières pistes d’aménagement du parc, présentés en décembre 2009, ont suscité un réel engouement et des échanges fructueux avec les Neuilléens.
Zoom sur ce lieu emblématique au cœur de la ville, qui deviendra le 20e parc départemental.
La Folie de monsieur de Saint-James
La naissance de la Folie
Au moment de son acquisition, le bâtiment, construit en 1638, n’a l’apparence que d’une simple maison de maître. D’allure classique, il a la forme d’un fer à cheval. Entre 1779 et 1795, le baron ajoute sur l’angle gauche un pavillon aux lignes palladiennes, en brique et en pierre (qui sera crépi de rose en 1950). Il l’agrémente d’un « jardin-spectacle ».
M. de Saint-James sollicite le célèbre François-Joseph Bélanger, premier architecte du comte d’Artois et l’un des plus grands paysagistes de son époque. L’architecte habille la façade du pavillon de néoclassique : portique à quatre colonnes ioniques, fronton armorié, frises de palmette, camées à l’antique... Pour le propriétaire, il ne s’agit ni plus ni moins que de rivaliser avec la Folie d’Artois, actuel Bagatelle, sise non loin de là, au cœur du bois de Boulogne.

«St-James Vue du chateau coté de la Seine» (extrait), lithographe sur papier de Chine, anonyme, 19e siècle. Collection Musée de l’Ile-de-France. Photo : Benoît Chain
La création du parc
Contemporain de la maison, l’aménagement du parc a commencé dès 1777. Bélanger le conçoit sur le modèle des jardins pittoresques et anglo-chinois du XVIIIe siècle en France, typiques des parcs à fabriques à la mode à l’époque, tels le Petit Trianon à Versailles, Bagatelle ou le parc Monceau à Paris. D’une superficie de 12 hectares, il s'étend alors des deux côtés de l'avenue de Longchamp et les parties communiquent par deux souterrains. Un canal sinueux le traverse, agrémenté de multiples ponts, de grottes et autres fabriques. Le domaine comportait une extension vers la Seine dont l'eau, via une "pompe à feu", alimentait le canal.
La pièce maîtresse du parc est sans conteste le « Grand Rocher ». Cet imposant empilement de blocs de grès, rapportés de la forêt de Fontainebleau, abrite thermes et réserve d’eau destinée à alimenter les bassins. Au centre, un temple, un portique composé de six colonnes doriques, se dresse. On pénètre alors dans « l’Antre primordiale », une grotte obscure, puis dans le « Salon des bains », réplique des thermes de Caracalla décorée de stucs jaunes et de caissons blancs. On traverse enfin une galerie pavée de galets qui débouche sur la pièce d’eau. Prix : 1 600 000 livres, dit-on...
La fin de l’aventure
Baudard de Saint-James fit faillite le 2 février 1787. Ruiné, il vit ses biens saisis. Il mourut peu de temps après, à Puteaux, chez Jean-Maurice de Faventine, son beau-frère. Le duc et la duchesse de Choiseul-Praslin achetèrent à bon prix le domaine aux enchères. Ils le cédèrent en 1795 à la famille Bobierre qui le loua. En 1811, il est morcelé en six lots et à nouveau vendu en 1812.
Amputé par pans successifs, il se dégrada peu à peu. Il connut un regain de faste dans les années 20, quand les nouveaux propriétaires, les Lebel, le rénovèrent : ils créèrent notamment le jardin Art déco, un jardin clos avec un temple d’amour et un bassin d’inspiration mauresque.
Entre 1944 et 1947, la Folie fut occupée par les Allemands, puis par les Américains, et les communs furent fortement endommagés. La famille Lebel la vend alors à l’Etat.

«Plan du parc de la Folie Saint-James à Neuilly - Plan d'architecte» (1811) C. L. Seitz. Collection Musée de l’Ile-de-France. Photo : Benoît Chain.
[1] Petits bâtiments décoratifs ayant une signification philosophique
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