Des mesures de gestion adaptées à chaque milieu.
04/06/2009
Lieu de promenades et espace naturel : deux usages à concilier

CP : CG 92 / Willy Labre
Le conseil général privilégie, pour certains de ses espaces verts, des modes de gestion en harmonie avec la nature, la faune et la flore sauvage. Ceci se traduit par une gestion différenciée, qui va d’un entretien horticole aux entrées des parcs, dans les lieux historiques ou sur les espaces de détente du public à un entretien plus naturel dans les espaces boisés et les prairies.
Un tel mode de gestion permet d’offrir une plus grande diversité de paysages aux promeneurs, et de favoriser la biodiversité dans les parcs.
Comment recréer des espaces naturels pour la faune dans des parcs accueillant des milliers de visiteurs ?
L’entretien selon un mode plus naturel est pratiqué sur les espaces les moins fréquentés. Ces espaces reçoivent un entretien, qui respecte les cycles biologiques de la faune et de la flore (habitat et période de reproduction des oiseaux, des insectes, des mammifères…).
Par exemple dans les prairies fleuries qui ont remplacé par endroits les pelouses, les tontes régulières sont remplacées par un fauchage tardif. Un écosystème bien plus riche se met en place. De nouvelles espèces de plantes peuvent y vivre, se multiplier et s’adapter, permettant aux insectes et à la faune de trouver une zone refuge propice à leur alimentation et leur reproduction.
Mais il ne faut pas laisser la nature s’exprimer n’importe où. Il faut penser le parc dans son ensemble. A certains endroits, cette composante naturelle deviendra dominante, tandis qu'à d’autres elle ne sera qu’anecdotique.
Quelles sont les zones où cette gestion naturelle est la plus marquée ?
Dans les zones naturelles protégées, espaces clos fermés au public créées dans des boisements jeunes à vieillissants, des friches, des prairies, des milieux humides ou un étang. Les interventions y sont limitées et peu fréquentes.
Le sol étant moins compacté, les strates herbacées et arbustives autochtones peuvent se développer spontanément. La diversification des habitats et la tranquillité en font des zones refuge précieuses pour la faune, notamment pour les espèces sensibles au dérangement comme l’épervier d’Europe dans les secteurs boisés ou le blongios nain, le martin- pêcheur… dans les zones humides.
De plus, il est possible de conserver dans ces zones des arbres dépérissants ou morts sans risques pour les promeneurs. Ces lieux sont favorables aux oiseaux cavernicoles (qui nichent dans les cavités des arbres) et aux insectes saproxylophages, spécialisés dans la décomposition du bois mort, maillons essentiels de la chaîne biologique.
Est-ce que ça fonctionne ?
La gestion différenciée a pour but la prise en compte par l’homme de la nature et de ses habitants. Lorsqu’elle est appliquée, la biodiversité s’enrichit puisque les habitats du vivant, très variés, sont étudiés et respectés afin de ne pas les détruire…
Par exemple : ce sont dans les orties que pondent les papillons de la famille des vanesses. Si toutes les zones d’orties sont arrachées, nous supprimons cette espèce. Celle-ci fait partie des insectes butineurs qui transforment, comme les abeilles, la fleur en fruit (pas d’insectes butineurs = pas de fruit). Ils rentrent également dans la chaîne alimentaire des oiseaux insectivores.
Toute atteinte aux habitats et aux espèces est à prendre comme la maille d’un pull-over qui saute. Le pull reste entier mais, plus il y a de mailles qui sautent et plus les trous se rejoignent et le pull se dégrade…
C’est ainsi qu’il faut voir les interactions entre les espèces (écosystème) et l’importance de leur étude, et de leur protection.
La démarche a été entreprise dès 1995 au parc de l’Iîe Saint-Germain et s'étend progressivement. Elle est appliquée aujourd’hui dans tous les parcs départementaux. Les zones naturelles protégées ont été développées.