L'histoire du parc de la Vallée aux loups
04/06/2009
Un site unique en devenir.

CP : CG92 / Willy Labre
Le parc départemental de la Vallée aux Loups offre actuellement une superficie de 59 hectares, dont 95 % se situent sur la commune de Châtenay-Malabry et, pour le reste, sur celle du Plessis-Robinson.
Il s’inscrit également dans la Promenade des deux forêts, qui relie les forêts de Verrières et de Meudon.
Présentation
Le parc est classé au titre des "Sites et monuments naturels de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque" par arrêté du 2 octobre 1939, modifié le 28 septembre 1982. De plus, depuis 2001, il est répertorié dans le cadre du "Schéma départemental des espaces naturels sensibles" des Hauts-de-Seine.
C’est d’ailleurs à ce titre qu’une zone de préemption couvrant une superficie de 30 hectares a été approuvée par délibération du conseil général le 16 décembre 1996. C'est pourquoi, à terme, le parc pourra s’étendre sur 89 hectares.
Une vallée au confluent de l'art et de la nature
L’occupation du lieu remonte au XIe siècle, à l’époque des seigneurs d’Aulnay. Au XVIIe siècle, le hameau connaît un nouveau destin qui le lie à celui de Sceaux, où Colbert s’installe en 1670. C’est aux sources d’Aulnay que le ministre de Louis XIV vient puiser une partie de l’eau nécessaire pour alimenter les cascades, les bassins et le Grand Canal du parc de Sceaux.
En 1807, de retour de Terre sainte, Chateaubriand rompt avec Napoléon et décide de se réfugier à la Vallée aux loups. Là, il rédigera plusieurs de ses œuvres dont les Martyrs et la première partie des Mémoires d’outre-tombe. Amoureux des arbres et de la nature, grand voyageur féru de botanique, il plante dans son parc de nombreux arbres d’essences locales mais aussi des espèces exotiques alors très appréciées en Europe.
Au début du XXe siècle, le domaine est acheté par le docteur Le Savoureux, psychiatre et fondateur de la Société Chateaubriand. Grâce à lui, la vallée renaît. Elle est fréquentée par des écrivains, des hommes politiques et des artistes, comme Paul Léautaud, Edouard Herriot ou Paul Valéry. Jean Fautrier s’installe en 1945 dans la propriété de l’île Verte, toute proche, qui avait été acquise en 1852 par Jules Barbier.
Un site de traditions horticoles
Entre 1856 et 1857 s’installent au fond de la vallée deux horticulteurs, Jean-Baptiste Paillet et Jean-Gabriel Croux. Ils vont y fonder des pépinières de renommée internationale. Cette activité s’est perpétuée jusqu’en 1986, date à laquelle le département a racheté ce qui constitue actuellement l’arboretum du parc de la Vallée aux loups.
Mais l’histoire horticole du site, qui a eu une importance capitale dans le devenir de la vallée en empêchant notamment l’urbanisation des terrains, comprend d’autres établissements : Busson-Dumas, Jobert et Naudin, Baumann…
Un paysage rural aux portes de Paris
L'ensemble formé par les différentes propriétés qui composent le parc de la Vallée aux loups reste miraculeusement évocateur d’une forme d’habitat révolu : les grandes demeures nobles et bourgeoises aux abords de Paris dans un environnement végétal et naturel. La rue Chateaubriand, bordée de talus où la végétation pousse spontanément, renforce cette ambiance "champêtre".
De plus, le parc boisé entourant le cœur du site, avec ses coteaux et vallons couverts de futaies et de taillis entrecoupés de vastes clairières, constitue un espace naturel intact et qui s'avère d’une richesse extraordinaire.
D'un site morcelé à un espace cohérent : un projet ambitieux
La tempête du 26 décembre 1999 a occasionné des dégâts considérables : les boisements ont été endommagés, des lisières ont disparu, des ambiances ont été radicalement modifiées.
La richesse du site tient en grande partie à sa topographie, à la complexité du relief, à la raideur de certaines pentes qui offrent des points de vue exceptionnels, permettant en quelques mètres de faire l’expérience d’une promenade très contrastée, allant d’espaces largement découverts à des paysages encaissés et sombres. Les trouées visuelles créées par la tempête ont redonné de l’évidence à cette réalité.
Mais les dégâts de la tempête ont également souligné la configuration morcelée du parc. Constitué de trois entités distinctes ayant chacune son histoire et son caractère bien marqués, le parc de la Vallée aux loups est parfois difficile à appréhender dans sa totalité. Il était urgent d’envisager des interventions susceptibles d’en faire un site composite mais cohérent.
De plus, les nouveaux terrains qui ont été acquis ou qui vont l’être par le département viennent encore accroître la diversité du site. Ils devront être intégrés dans un projet tirant du caractère varié du parc sa principale qualité.
Une réflexion à l’échelle du parc et de ses abords a été menée, afin de définir un "schéma d’orientations paysagères" et d’établir un programme d’actions pour les douze prochaines années. Le projet contient cinq orientations principales qui vont remodeler le Parc de la Vallée-aux-loups tout en lui donnant un nouvel élan :
- Une nouvelle approche : repenser la circulation, les limites et les accès
- A la rencontre du parc de la Vallée-aux-loups
- Le ru d’Aulnay : un trait d’union idéal
- Un parc, trois entités : une dynamique constante
- Un sanctuaire naturel à cultiver